Paris, 1387 : Pâtés en croute et meurtres en série

Amateur de bonne chère, cette histoire est pour vous ! Ou pas. Enfin peut-être. Dans le doute, lisez la quand même. Aujourd’hui, on va parler de tourtes, de pâtés en croute, ainsi que d’un barbier et d’un pâtissier un peu spécial. Au XIVe siècle. A Paris. Tout un programme. C’est parti !

Je tiens à préciser que l’histoire suivante n’est nullement établie. S’il existe des preuves, elles sont cependant floues, et ne permettent pas de prouver la totale véracité de l’affaire. On sait que quelque chose s’est passé, mais les faits ont peut-être été enjolivés. Un document de 1612 semble attester sa véracité, mais il est difficile de détacher le vrai du faux, pour un fait divers datant du XIVe.

Vous m'excuserez mais c'est pas simple à illustrer, hein !

Vous m’excuserez mais c’est pas simple à illustrer, hein !

Nous voila en 1387, à Paris. Le XIVe siècle, en Europe, c’est pas la meilleure période. Parce que, comme si la peste, terminée 30 ans plus tôt, n’avait pas suffi, la Guerre de Cent ans vient plomber l’ambiance. Niveau condition de vie, c’est pas la joie, et à certains endroits, on n’est pas loin de la famine. Certains quartiers sont en déliquescence, et on y tue pour quelques pièces. C’est d’ailleurs sur un de ces quartiers qu’on va s’arrêter au cœur de Paris.

Emplacement de la Rue des Marmousets, sur l'Ile de la Cité

Emplacement de la Rue des Marmousets, sur l’Ile de la Cité

En effet, dans la Rue Chanoinesse, qui à l’époque se nommait Rue des Marmousets, une petite échoppe de pâtissier est en pleine expansion dans ce quartier mal famé. Cette pâtisserie adossée à la boutique d’un barbier prépare des petits pâtés qui connaissent un immense succès. Le pâtissier a du mérite, il prépare lui-même ses pâtés et ses tourtes, avec un seul assistant, afin de garder secret l’assaisonnement de sa viande qui faisait son succès. Pas fou le mec. Ses préparations connaissent un engouement formidable. On raconte que le roi Charles VI en était friand!

Incroyable pour une boutique issue d’un quartier si pauvre que la disparition de quelques étudiants n’étonne plus personne. Les voleurs sont à tout les coins de rues, et il est fréquent d’y trouver des cadavres dans ces coins de rues. Récemment, un étudiant allemand a disparu. Personne ne s’en inquiète, sauf son chien, qui depuis plusieurs jours, hurle à la mort devant la boutique du barbier. Brave bête, mais un peu bruyante quand même.

Ce chien, il fait chier tout le monde, à tel point que l’on appelle les gens d’armes pour le capturer. Sauf que le chien leur échappe, et rentre par un soupirail dans la cave placée sous la boutique du barbier. Les agents décident de passer par la boutique pour en finir avec ce chien. Pénétrant dans la cave, ils découvrent alors, par hasard, le barbier et le pâtissier, tranquillement occupés à dépecer les restes d’un cadavre à la gorge tranchée. Dans cette situation, il est plutôt difficile de se justifier. Les deux compères passeront aux aveux. Avec l’aide de la torture bien sûr.

Depuis quelques mois, les deux complices, qui possédaient une cave en commun, avaient monté un plan diabolique. Et terriblement simple. Le barbier faisait asseoir ses clients sur un tabouret à coté d’une trappe. Lorsqu’il lui semblait que ce client ne manquerait pas à grand monde, il lui tranchait la gorge, et le faisait basculer dans la cave. Là, le cadavre était dépouillé puis dépecé, et servait à préparer les pâtés en croute et tourtes qui ravissaient Paris. Les possessions des victimes étaient partagées par les complices, et les restes étaient mélangées aux ordures du pâtissier. Insoupçonnable. Et légèrement glauque quand même.
Bizarrement, malgré leurs aveux, la population l’a plutôt mal pris, et les deux homes furent brulés vifs dans des cages en fer, devant leurs échoppes, qui furent ensuite rasées. Bien entendu, ils furent de nouveau torturés avant ça. On n’est pas au Moyen Age pour rien.

Au final, on ne saura pbarbier-1as combien de temps aura duré ce commerce macabre. Certains disent qu’il commença en 1384, d’autres disent même qu’il n’a jamais eu lieu. Légende ou vérité, cette histoire inspira la légende anglaise de Sweney Todd. L’image du barbier fou servit pendant quelques temps à remplacer le croque-mitaine dans les histoires des parents.

Aujourd‘hui, il n’y a plus trace de ces boutiques. On a construit un parking à leur emplacement, le parking d’un … commissariat. Il ne reste en tout et pour tout qu’une seule pierre, celle qui, dit-on, servait de billot au pâtissier fou.

Sources

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