1er Février 1959 : l’incident du Col de Dyatlov

Salut les amis ! J’ai un peu flemmardé ces derniers temps, et il est l’heure de réécrire des trucs par ici. L’histoire du jour est un de mes faits divers favoris de toute l’Histoire. J’espère que vous apprécierez…

Imaginez un groupe d’explorateurs perdus  au milieu de l’hiver russe, fuyant en vitesse leur campement au milieu de la nuit. Imaginez des corps mystérieusement mutilés, découvert 2 mois après les faits. Imaginez un gouvernement interdisant l’accès à la zone de l’incident pendant 3 ans… Avec ça, on pourrait croire à une énième série Z, mais non. Il s’agit d’un fait divers réel, survenu en 1959, au Col de Dyatlov.

L’affaire a fait couler pas mal d’encre, et beaucoup de bêtises ont été dites. Je vais essayer de les éviter, et de coller le maximum avec les faits.

Les enquêteurs découvrant la tente des skieurs

Les enquêteurs découvrant la tente des skieurs

L’histoire commence le 25 janvier 1959, à Ivtel, en Russie. Ce jour-là, 10 jeunes hommes et femmes, arrivent en train dans cette petite ville située au pied de l’Oural, la chaine montagneuse servant de frontière entre l’Europe et l’Asie. Montagnards expérimentés, ils ont l’intention de traverser le Nord de l’Oural, pour se rendre à Otorten. (Oui, aujourd’hui au niveau des noms va falloir s’accrocher.) Le parcours est dur, très dur, mais ces étudiants ont déjà affrontés pire. Ils s’élancent donc à l’assaut de la montagne, à ski, sans se douter de ce qui les attend dans les hauteurs.

Le 27 Janvier, ils prennent le départ. Malheureusement, dès le lendemain l’un d’entre eux doit quitter l’expédition. Iouri Ioudine, malade, est obligé de rentrer. Il sera le seul à revenir vivant.

Les 9 amis continuent leur marche à travers la montagne. Le 1er Février, alors qu’ils commencent l’ascension de l’Otorten, le blizzard les surprend, et les randonneurs s’égarent. A cause de la visibilité exécrable, ils dévient leur route, et se retrouvent à coté du mont Kholat Syakhl, la « Montagne des morts » en langue mansi. Ca ne s’invente pas. Réalisant leur erreur, ils décident de camper sur le flanc de la montagne. S’ils avaient continué à marcher, ils auraient pu s’abriter dans la foret qui se trouvait à moins d’1,5 km… Ils s’apprêtent donc à passer la nuit sur le versant de la montagne des morts. Leur dernière nuit.

Avant leur départ, ils avaient annoncés qu’il prévoyaient d’être de retour le 12 février. Sauf que le 12 février, pas la moindre trace des skieurs à Vizhay. Personne ne s’inquiète sur l’instant. Le parcours était difficile, et les skieurs ont pu être retardés par le blizzard. Mais au bout de 8 jours, tout le monde craint le pire. On commença donc les recherches le 20 février 1959.  Iouri Ioudine participera aux recherches, dans l’espoir de retrouver ses amis.

En arrivant sur place, la découverte qu’ils font est à la fois tragique et surprenante. Le camp est vide, et pourtant il reste presque toutes les affaires des campeurs. La toile de la tente est découpée… de l’intérieur. Comme si l’on avait cherché à s’en extraire précipitamment… Aux alentours, on trouve des traces de pas dans la neige. Des traces de bottes, mais aussi de chaussettes, et même de pieds nus ! Qu’est ce qui a pu poussé des skieurs chevronnés à s’enfuir au milieu de la nuit, sans prendre le temps de mettre des chaussures, par -20°C ?

col de dyatlov stèle

La stèle en hommage aux 9 victimes

Les recherches continuent, et il ne fallut pas bien longtemps pour retrouver les premiers corps. A 500m du camp, Gueorgui Krivonichtchenko et Iouri Dorochenko gisent sous un grand pin, à coté d’un reste de feu, pieds nus et en sous-vêtements. Certaines branches de l’arbre sont brisées, les enquêteurs en conclut donc que l’un des étudiants a tenté d’y grimper. 300m plus loin, ils trouvent le corps de Dyatlov, une branche à la main, puis Slobodine et Kolmogorova, allongés dans la neige, les mains brulées. Après la découverte de ces cinq corps, une enquête est ouverte. Le légiste détermine que les cinq étudiants sont morts d’hypothermie, et que si Slobodine avait le crâne fracturé, ce ne fut pas la raison de sa mort. Un triste, mais classique, accident de montagne, en somme. L’enquête ne parvient cependant pas à répondre à la principale interrogation : Pourquoi ont ils fuit leur campement en pleine nuit, sans prendre la peine de s’habiller ? Et qu’est ce qui a bien pu les faire fuir ?

Les restes du feu de camp

Avant qu’on puisse répondre à ces questions, une nouvelle découverte vient changer la donne : les cadavres des 4 autres membres de l’expédition.

Le 4 mai, les enquêteurs découvrent, au fond d’une ravine remplie par la neige, les corps des 4 derniers membres de l’expédition. Cette fois, l’autopsie ne donne plus le même verdict. 3 des étudiants ont succombé à une mort violente. Nicolas Thibeaux-Brignolles à le crâne brisé, Alexandre Zolotarev et Ludmila Dubinina ont la cage thoracique enfoncée, des côtes fracturées, et Ludmila Dubinia n’a même plus de langue ! Malgré cela, il n’y a aucune blessure externe sur les corps. Le légiste est formel : pour infliger de tels blessures, il faut une force surprenante, comparable à un accident de voiture. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer sur la Montagne des Morts, cette nuit d’hiver 1959 ?!

La première hypothèse qui fut avancée est celle d’une attaque de la part d’une tribu mansi, pour punir l’intrusion sur leur territoire. Cela s’est déja vu, notamment dans les années 30. Un géologue avait fait les frais de quelques chamanes un peu extrémistes. Mais cette hypothèse est peu crédible : il n’y avait pas tribus mansi à proximité de cette zone, et le monde opératoire ne correspond pas. Il n’y a pas de plaies, de traces de luttes etc… Il faut chercher ailleurs.

Et en cherchant, de plus en plus d’éléments troublants apparaissent. Encore plus troublant, je veux dire. Premièrement, il n’y avait personne d’autres que ces randonneurs à proximité de la montagne des morts cette nuit-là. Ensuite, le docteur affirme que les blessures retrouvés sur certains cadavres ne peuvent avoir été causée par une être humain, du fait de l’absence de traces sur les corps. Au fur et à mesure de l’enquête, il apparait qu’un fort taux de radioactivité est détecté sur les vêtements des victimes, mais aussi sur le lieu de l’incident. Toutefois, ce détail ne sera pas porté au dossier. L’enquête sera close en mai 1959, et conclura que la mort est du à « une force irrésistible inconnue ». Affaire classée ? Pas vraiment. L’armée interdira l’accès à la zone pendant 3 ans. Le dossier sera envoyé dans un fond d’archives secret, et lorsqu’il sera déclassifié en 1990, il apparaitra que certains éléments ont été enlevés…

Il n’en faut pas bien plus pour exciter les théoriciens du complot. Mais en même temps, comment leur donner tort ? Surtout que la déclassification du dossier laisse apparaitre des témoignages étranges. Des témoins auraient aperçu des boules de feu orangées sur le sommet de la montagne cette fameuse nuit. Iouri Ioudine, le « survivant » commence à croire à des essais militaires. Cette théorie est alimentée par la chape de mystère que l’Etat russe fera planer autour de l’incident. Et si les randonneurs avaient été victime d’un test d’une arme nucléaire ? Idée séduisante. Mais peu crédible, en fait. La base militaire la plus proche se trouvait à 600km, trop éloignée pour les avions de chasse de l’époque.

L’hypothèse d’une coulée de neige fut avancée. La neige dévalant la pente aurait fait paniquer les étudiants, fuyant leur camp à la hâte. L’absence de vêtements sur certains peut-être expliquée par le « déshabillement paradoxal« , qui survient parfois en cas d’hypothermie. La personne a l’impression d’avoir trop chaud, devient agressive, surexcitée, et se déshabille. Malheureusement, le froid finit par avoir raison d’elle… L’idée d’une coulée de neige peut expliquer le fait que les étudiants semblaient vouloir revenir vers le camp, après avoir fuit. Mais cette hypothèse n’explique pas forcément les 4 corps dans la ravine. Ils auraient pu y tomber, mais cette chute aurait entrainé des blessures externes, en théorie. Et rien n’explique la radioactivité de la zone. Cela n’explique pas non plus les déclarations des proches des victimes, qui disent que les corps présentaient un hâle orangé et des cheveux grisés. Ce détail est postérieur à l’affaire, et rien ne permet de le vérifier. Je le précise simplement parce qu’il ajoute au coté mystérieux de l’affaire.

Enfin, et vous l’attendiez tous, l’hypothèse ufologique fut avancée. De toute façon, à chaque évènement bizarre, un pseudo-savant arrive et nous explique qu’un alien est responsable. Vous allez voir qu’un jour, il aura raison. C’est le paradoxe du singe savant. Toutefois, le mystère autour de cet évènement est tel que toute théorie peut être jugée crédible. Après tout, cela expliquerait les lumières oranges, le taux de radiation et la « force irrésistible inconnue »…

Aujourd’hui, le mystère n’est pas clos, et certains se battent pour faire rouvrir l’enquête. Découvrira-t-on un jour ce qui a tué ces 9 étudiants ? J’en doute. Comme dirait Rusty Cohle, « This is a world where nothing is solved« …

(Ho, il y a un film dessus, aussi. J’ai vu la bande annonce. Passez votre chemin)

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