Octobre 1902 : la police de Montréal ébranlée par un scandale

Vous avez entendu parler de ce récent scandale qui ébranle le 36 quai des Orfèvres ? Bien sûr que vous en avez entendu parler. Et en même temps, c’est normal. Déjà, parce que l’on parle de la disparition de 52 kg de cocaïne, ce qui n’est pas rien, et ensuite parce que l’on parle d’un des services de Police les plus célèbres de France, à savoir la DRPJ (Direction Régionale de la Police Judiciaire) de Paris. Étant passionné par le milieu judiciaire et particulièrement par la Police, je me suis senti obligé d’écrire quelque chose à ce sujet.

La question était : Quoi ? Alors j’ai eu plein d’idées (Si,si). Raconter l’histoire du 36 Quai des Orfèvres, énumérer les différentes affaires qui l’ont déjà touché ? Trop long pour ma motivation du jour. Je me suis dit qu’il fallait que je trouve un autre scandale encore pire qui avait déjà touché la Police (Sans être mauvaise langue, il y a quelques précédents…). Mais apparemment, c’est la première fois que quelqu’un vole pour plus de 2 500 000€ de scellés. Il a fallu chercher dans d’autres pays. Bon, évidemment, il y a le Rampart scandal, qui mêlait trafic de drogue, guerre des gangs et crimes crapuleux, au sein de la cellule anti-gang de la police de Los Angeles. Là, on tenait quelques champions. Mais j’ai trouvé plus marrant (Oui, parce que le Rampart Scandal, c’est pas super marrant, en fait). Une « Véritable conspiration de la police et de ses fournisseurs pour frauder la Ville de Montréal », figurez-vous.

Forcément, un scandale policier au Québec, ca a attiré mon attention. Bah oui quand même, le Québec n’est pas franchement réputé être une province sujette à ce genre d’incivilité (Ou alors c’est une idée que je me fais ?). Toujours est-il qu’un véritable scandale a, semble t’il, éclaboussé la Police de Montréal à l’automne 1902. 10 membres (au moins) de l’Etat-major de la Police ont été trainés devant la Commission de Police, pour une sombre histoire de trafic de… manteaux. Bah oui, les gars on parle du Québec…

Le 36, Quai des Orfèvres (Oui, je n'était pas super inspiré niveau illustration)

Le 36, Quai des Orfèvres (Oui, je n’était pas super inspiré niveau illustration)

L’affaire commence le 29 octobre 1902, quand la Police de Montréal reçoit une facture de 1011.26€ (précisément), de la part de Dufour, Drolet & Cie, des tailleurs, fournisseurs de la Police de Montréal. Cette facture correspond à la livraison de 44 manteaux d’hiver pour les policiers de la ville. Et puisque l’Hiver au Québec, ça picote un peu niveau température, mieux vaut que les manteaux soient de bonne qualité. Sauf que ce n’est pas le cas. L’officier chargé de l’Intendance, Mr Kehoe, constate que les pièces livrées sont de très mauvaise qualité, parfois même usées. Étonné, il va demander aux policiers ayant déjà retirés leurs manteaux à l’intendance si ils ne trouvent pas que ceux-ci sont de mauvaise qualité. Et là, stupeur (Oui, j’essaie de mettre un peu de suspense, même si on parle de trafic de manteaux), il découvre avec effroi que ceux-ci ne sont pas neufs du tout ! Et c’est terrible ! Il comprend alors qu’il vient de mettre le doigt sur un effroyable trafic qui sévit au sein de l’unité depuis déjà plusieurs années ! (Oui, j’en fais peut-être un peu trop là)

Le « trafic » orchestré par les policiers (principalement des haut-gradés) était en fait assez simple. Lorsqu’ils constataient que leur manteau était encore en bon état et qu’il passerait très bien l’hiver, il le donnait au tailleur. Celui-ci le nettoyait, le rafistolait quelque peu, lui donnant l’air d’un vêtement neuf, avant d’y apposer sa marque à la place de celle du tailleur originel. Ainsi, le manteau semblait d’apparence tout neuf, sans qu’il n’ait couté un sou au tailleur, et la ville payait tout de même les 23 dollars. C’est ce que l’on appelle de la fraude. Et frauder des policiers n’est pas forcément une très bonne idée. Alors le tailleur avait un petit arrangement avec les agents. En échange de leur silence et de leur participation à ce recyclage de manteaux, il leur offrait des vêtements civils pour eux, ou pour leurs enfants. Malin, et relativement inoffensif.

Sauf que lorsque ce « trafic » fut découvert, le 29 octobre 1902, la ville de Montréal et la Commission de police ne l’ont pas entendu de cette oreille. Après avoir convoqué chacun des protagonistes, tailleurs, officiers, capitaines, membres de l’Etat-major, pour des interrogatoires, les fournisseurs-escrocs furent poursuivis en justice, et tout les policiers impliqués, suspendus. On déconne pas avec les manteaux, au Québec.

Après ça, on se dit que 52 kg de cocaïne, c’est pas la mort, hein ?

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