20 aout 1868, Abergale : N’oubliez pas vos wagons de pétrole…

Chaque année, il se produit des catastrophes qui auraient pu être évitée tant leur cause est stupide. Parfois, il s’agit de malveillance, parfois d’erreurs humaines et parfois de wagons remplis de pétrole oublié sur les rails. Remarquez que ce dernier cas est assez rare. Mais pas complètement inexistant, puisque c’est à cause de ça qu’est survenue la pire catastrophe ferroviaire de l’histoire de la Grande-Bretagne, à Abergele (Pays de Galle). Notez toutefois que cette « pire catastrophe ferroviaire de l’histoire de la Grande Bretagne » n’a fait « que » 33 morts, tandis que notre pire catastrophe à nous en a fait 435 (à St Michel de Maurienne, en 1917). Encore un domaine où on bat les anglais (même si je suis pas sûr qu’il faille s’en vanter).

Le mémorial d'Abergele (Credits : Stephen Elwyn RODDICK)

Le mémorial d’Abergele (Credits : Stephen Elwyn RODDICK)

Revenons à notre 20 aout 1868. Ce jour-là, à Abergele, petite ville du nord du pays de Galles, un train de marchandises transportant quelques wagons de pétrole arrive en gare. Les cheminots doivent rajouter quelques wagons au convoi, et en attendant, laissent le train en gare, prenant bien soin de serrer le frein de la locomotive. Bonne idée : la gare se situe en haut d’une colline, et si un des wagons n’était pas bloqué, il dévalerait irrémédiablement la pente, et risquerait de percuter un train arrivant sur la même voie. Ce serait ballot, hein ? HEIN ?

Parce qu’en plus, au même moment, un train arrive sur la même voie. L’Irish Mail, fleuron des locomotives britannique, arrive de Londres. Comme tout train de luxe qui se respecte, il transporte principalement des passagers parmi les plus riches de Londres, notamment Henry Maxwell, homme politique irlandais, ainsi que d’autres barons locaux. Le train arrive à toute vitesse d’Euron (enfin à 50km/h quoi), quand soudain le conducteur voit des wagons de marchandises dévaler la pente. Hum, rectification, pas des wagons de marchandises, DES WAGONS DE PETROLE (ou de paraffine, selon les sources). Les mêmes wagons de pétrole qui auraient du rester en haut si les cheminots avaient CORRECTEMENT serré le frein de la locomotive… Il a juste le temps d’hurler pour prévenir tout le monde, avant de sauter de la locomotive pour sauver sa vie. Manque de bol, un débris le percutera, et il mourra quand même deux mois plus tard. Pendant ce temps, les wagons continuent leur route endiablée… en percutant les wagons de tête de plein fouet, avant d’exploser (ben oui, du pétrole, c’est jamais bon dans des collisions de ce genre). Les occupants des quatre wagons de tête furent brulés vifs dans l’explosion… Lorsqu’on réussit à éteindre l’immense incendie, on ne put identifier que la moitié des corps, qui furent enterré dans une fosse commune à Abergaele, où un mémorial entretient le souvenir de ce tragique évènement.

L’horreur causée par un tel évènement toucha tout le pays, et conduit les compagnies ferroviaires à changer leurs modes de fonctionnement, en prenant en compte la nécessité de diverses mesures de sécurité. Parmi ces mesures, j’imagine que devait figurer en bonne place « Serrer le frein de vos locomotives quand vous transportez des wagons de pétrole, les mecs… »

Publicités

Donnes ton avis sur cette histoire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s