21 Aout 1911 : On a volé la Joconde !

Imaginez, vous êtes un peintre, et vous vous rendez au Louvre pour faire des croquis du tableau le plus célèbre au Monde, la Joconde de Léonard de Vinci. En arrivant au musée, à la place du sourire intrigant de Mona Lisa, vous ne découvrez qu’un espace vide entre deux autres tableaux. Quel serait votre réaction ? (Ne répondez pas, je m’en moque un peu en fait. C’était juste pour introduire mon sujet)

La une du Petit Parisien, le lendemain de la découverte de la disparition (GallicaBNF)

La une du Petit Parisien, le lendemain de la découverte de la disparition (GallicaBNF)

C’est dans cette situation que c’est retrouvé le 22 aout 1911 le peintre Louis Béroud. Sa réaction fut des plus simples, il alla simplement trouvé un garde qui lui répondit que l’oeuvre était chez un photographe, et qu’elle serait de retour bientôt. Mais un autre gardien lui affirme qu’elle n’est pas du tout chez un photographe. Après un moment de flottement, quelques vérifications sont effectuées, et la conclusion est sans appel : on a volé la Joconde, la veille, le 21 aout 1911 ! C’est un peu la panique, et on fait appel aux meilleurs pour tenter de retrouver le tableau. Alphonse Bertillon himself viendra prendre les empreintes. (Mais si, Bertillon, l’inventeur de l’anthropométrie criminelle ! Le mec qui a réussi à révolutionner la criminalistique en découvrant l’importance des empreintes digitales et autres critères physiques afin de classer les criminels !)

Enfin bref, le criminologue découvre une empreinte qui s’avère inutilisable. A partir, de là c’est le bazar. Le gouvernement, le parlement, tout le monde panique. Une vague d’arrestation commence. Guillaume Apolinaire passera 1 semaine à la Santé, Picasso sera interrogé, une dizaine de mythomanes avoueront le vol. Des journaux proposeront de fortes sommes pour toute information sur le vol. Et puis… plus rien. Mona Lisa restera introuvable, narguant les enquêteurs pendant 2 ans. Mais quel génie du crime a bien pu réussir un tel coup ? Un genre d’Arsène Lupin ? Même pas.

Un vitrier. C’était un vitrier. Et même pas un intelligent. Juste assez malin pour la voler, pas assez pour la revendre… Le 10 décembre 1913, Vincenzo Perrugia est arrêté après avoir essayé de revendre l’inestimable portrait à… un antiquaire ! Après un court procès, il est condamné à seulement 18 mois de prison : la presse italienne saluant son patriotisme qui l’avait conduit à ramené la Joconde à son pays d’origine… Les raisons de son larcin restent inconnues. Si il a affirmé l’avoir commis par patriotisme, certains avancent l’hypothèse d’une manipulation par un agent secret allemand dans le but de déstabiliser la France avant la guerre. Quand on voit le vent de panique qui a soufflé sur le pays, on se dit que ça aurait pu marcher.

Quand au vol en lui même, il fut extrêmement simple : Perrugia était chargé de fabriquer une vitre pour protéger la Joconde. Il avait donc accès à la toile, et surtout au musée. Il s’est fait enfermer dans le musée le 20 aout au soir, et s’est emparé de la toile, avec laquelle il est tranquillement sorti le lendemain matin. Facile. Je ne vous conseille pas d’essayer cela aujourd’hui, par contre…

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